Voici les 7 plantes utilisées en pharmacopée traditionnelle chinoise qui ont fait l’objet en 2019/2020 , d’une inscription à la pharmacopée française.

Cette inscription ( le plus souvent à la pharmacopée européenne dans un premier temps, puis à la pharmacopée nationale) résulte de la réflexion de groupes d’experts ainsi que de la publication d’analyses scientifiques…

 

A/ Rappels et définitions :

 

La Pharmacopée est un ouvrage réglementaire comportant plusieurs thèmes, destiné aux professionnels de santé :

  • Les critères de pureté des matières premières ou des préparations entrant dans la fabrication des médicaments (à usage humain et vétérinaire) voire leur contenant,
  • Les méthodes d'analyses à utiliser pour en assurer leur contrôle.

L’ensemble des critères permettant d’assurer un contrôle de la qualité optimale est regroupé et publié sous forme de monographies.
Ces textes font autorité pour toute substance ou formule figurant dans la pharmacopée : ils constituent un référentiel opposable régulièrement mis à jour.

La Pharmacopée comprend :

  • Les textes de la Pharmacopée européenne,
  • Les textes de la Pharmacopée française, y compris ceux relevant de la Pharmacopée des outre-mer .

La Pharmacopée française actuellement en vigueur est la 11e édition. Elle est préparée et publiée par l’ANSM ( Source essentielle de ce document) .

La Pharmacopée européenne actuellement en vigueur est la 10ème  édition.

Elle est constituée de textes applicables réglementairement à l’ensemble des 38 états membres de l’Union européenne signataires de la Convention relative à l’élaboration de la Pharmacopée européenne. (Cette Pharmacopée est complétée, pour certains états dont la France, par une Pharmacopée nationale).

 

B/ Dans les autres pays hors union européenne :

 

La Pharmacopée américaine  (ou USP) et la Pharmacopée japonaise  (ou JP) sont avec la Pharmacopée européenne les trois référentiels intégrés dans le système d’harmonisation internationale des normes. D’autres pharmacopées, sans avoir le même statut juridique, sont publiées par différents états du monde (Brésil, Inde, Chine…).

Il existe 3 types de Pharmacopées :

- Traditionnelles= à base d'extraits de plantes médicinales, elle a été utilisée jusqu'à l'époque contemporaine en Europe et dans les sociétés primitives. Elle est primordiale dans la médecine traditionnelle chinoise car elle répertorie toutes les plantes et minéraux utilisés pour le traitement des maladies .

 

- Internationales , européenne             =>         Répertoire officiel et opposable des plantes ayant

- Nationales                                                           des propriétés médicinales

 

C/ Inscription sur la Liste des plantes médicinales de la Pharmacopée française 2019/2020

 

Comment sont examinées les demandes :

 

Chaque séance comporte environ une quinzaine de membres experts reconnus dans le domaine de le pharmacognosie, chimie , médecine ainsi que des membres salariés de l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé .

Chaque membre atteste sur l’honneur en début de séance l’absence de conflits d’intérêt.

Chaque plante prétendument éligible à l’inscription à la pharmacopée française est proposée à l’ordre du jour afin d’acter ou pas son inscription à la vue des données scientifiques et médicales recueillies.

Les inscriptions peuvent se faire sur 2 listes : A ou B

Liste A = correspond aux plantes médicinales utilisées traditionnellement. Au 1er janvier 2020, elle comprend 454 plantes, dont 148 plantes d’usage thérapeutique non exclusif, libérées du monopole pharmaceutique si elles sont vendues en l’état ( le poivre par ex).

Liste B= correspond aux plantes médicinales utilisées traditionnellement en l’état, ou sous forme de préparation, dont les effets indésirables potentiels sont supérieurs au bénéfice thérapeutique attendu. Elle comprend un nombre indéterminé de plantes, car l’ensemble des espèces de certains genres botaniques, comme AconitumEphedra et plusieurs autres, figurent sur cette liste, sans que ces espèces soient individuellement citées.

 

INSCRIPTION POUR LES ANNEES 2019 / 2020

Elles sont au nombre de 7

 

1 / CYATULA OFFICINALIS (RACINE)= HUAN NIU XI

 

Famille : Amaranthaceae, répandue dans le sud-est asiatique, en Chine et au Népal, en altitude jusqu’à 1500 mètres.

La partie utilisée est la racine séchée.

 

Composition :

Phytoecdystéroïdes.

Les constituants chimiques caractéristiques sont des phytoecdystéroïdes (cyastérone, sengostérone, amarastérone A, précyastérone, isocyastérone, inokostérone, rubrostérone, makustérone B) et des saponines triterpéniques (19 saponines identifiées). On trouve aussi des polysaccharides, sucres, polypeptides, stérols, alcaloïdes (pas confirmés), anthraquinones, flavonoïdes. Le projet de monographie européenne prévoit un dosage de la cyastérone par HPLC (au min. 0,065%) .

 

Utilisation et propriétés en MTC :

Nature = équilibrée 

Saveur = amère acide 

Tropisme = Foie Rein/Vessie

Actions: Fait descendre le feu, clarifie l’humidité-chaleur dans le foyer inférieur.

 

Utilisée dans les problèmes circulatoires et retour veineux, comme diurétique, emménagogue, antiarthritique, dans les douleurs abdominales mais elle est déconseillée en cas de grossesse et d’allaitement.

La posologie est de 5 à 10 g par jour. Les études pharmacologiques ont montré des activités pharmacologiques variées : effet antitumoral, antiviral, antioxydant, effet protecteur vasculaire, effet anti-inflammatoire, effet immunostimulant, effet estrogénique.

 

Inscription liste A car absence de toxicité et utilisation pour ses vertus médicinales

 

2/ OPHIOPOGON JAPONICUS ou Muguet du Japon (rhizome) =MAI MEI DONG

 

Famille :  Liliacéae

La partie utilisée est le rhizome.

 

Composition :

Les constituants chimiques ont largement été étudiés et révèlent la présence de très nombreux composés comprenant des benzofuranes, des flavonones, des furostanols (ophiopogonines), des isoflavones, des saponines stéroïdiennes, des homoisoflavonoïdes, 19 polysaccharides, des spirostanes, des terpénoïdes sesquiterpéniques …

Ces composés sont pharmacologiquement actifs et confèrent à cette plante un remarquable potentiel thérapeutique.

Utilisation et propriétés en MTC :

Nature = légèrement froide 

Saveur = douce et légèrement amère 

Tropisme = Coeur poumon estomac 

Actions : Nourrit le Yin de l’estomac, de la rate, du poumon et du cœur, clarifie la chaleur, calme l’irritabilité.

 

Les formes d’utilisation sont des décoctions, des comprimés ou capsules ou des formulations à partir de rhizomes séchés et pulvérisés.

En médecine traditionnelle chinoise, elle est la plante de référence pour les déficiences du Yin.

Elle favorise la circulation du sang, hydrate les poumons, évite l’emballement du cœur et calme l’irritabilité.

Dans la Pharmacopée chinoise, cette plante a un usage aussi bien médicinal qu’alimentaire.

Cette plante est reconnue comme étant un remède chinois par le Ministère Chinois de la Santé publique en raison de son efficacité, sa grande disponibilité et sa sécurité d’emploi.

Cette plante est aussi utilisée au Japon, sur l’île Maurice et à Taiwan.

Les travaux expérimentaux sur cette plante sont très nombreux.

Les études pharmacologiques expérimentales in vivo ont montré des activités cardiovasculaires et cardiaques, antidiabétiques, anticancéreuses, antioxydantes, antithrombotiques, protectrices du foie.

Les études in vitro ont montré des activités antiasthmatiques, cardiovasculaires, antivirales, antifongiques, antiinflammatoires, anticancéreuses (nombreuses études des ophiopogonines sur différentes lignées de cellules cancéreuses), antiostéoporoses, antimicrobiennes, antidiabétiques…. Pas de pharmacovigilance retrouvée.

Grand recul d’utilisation en Asie sur cette plante. Il n’y a pas de réserve particulière en ce qui concerne l’usage de cette plante et aucun effet indésirable n’a été signalé.

 

Inscription liste A car absence de toxicité et utilisation pour ses vertus médicinales

 

3/ GANODERMA LUCIDUM = GANODERME LUISANT ( le chapeau est utilisé) =LING ZHI

 

Famille :  Ganodermataceae.

Cette plante pousse dans les forêts des zones tempérées et subtropicales d’Asie, d’Europe et d’Amérique du Nord et du Sud. Le ganoderme luisant est un champignon qui pousse généralement sur les arbres feuillus.

Le sporophore du champignon est constitué d’un pied de 7 à 15 cm de hauteur pour 1 à 5 cm de diamètre et d’un chapeau de 10 à 18 cm et d’une épaisseur de 1 à 2 cm. La partie utilisée est le chapeau coupé en lamelles.

Il peut y avoir des confusions avec d’autres espèces non toxiques du genre Ganoderma mais l’utilisation quasi-exclusive de ganodermes cultivés permet d’éviter ce type de confusions.

Composition :

Le champignon à l’état frais est constitué de 90% d’eau. Il contient des protéines, lipides, glucides, fibres et minéraux. Les constituants chimiques majoritaires sont des polysaccharides hétérogènes ramifiés composés d’oses simples, qui peuvent se combiner avec des protéines pour former des protéoglycanes. On trouve des composés caractéristiques, des triterpènes qui sont pour la plupart des dérivés des acides ganodérique et lucidénique.

 

Utilisations et propriétés en MTC :

Nature =Neutre 

Saveur = douce 

Tropisme = Coeur poumon foie

Actions : Calme l'esprit , calme la toux , chasse les mucosités , nourrit le sang .

 

Le ganoderme est utilisé en l’état (3 à 15 g) en décoction ou en poudre (1,5 à 3g) par voie orale.

En cuisine, la poudre est ajoutée au riz, lait et bouillons. Le ganoderme est préconisé contre la fatigue, pour stimuler les défenses immunitaires et pour ses propriétés adaptogènes.

En médecine traditionnelle chinoise, il tonifie le qi et est utilisé contre la fatigue, les insomnies, les angoisses, pour le traitement de la toux et les symptômes de l’asthme. Les effets indésirables sont rares et le ganoderme est contre-indiqué malgré tout chez les personnes sous anticoagulants, et les femmes enceintes mais sans justification étayée. Il existe de nombreuses études pharmacologiques in vitro et in vivo qui montrent des activités cytotoxiques, immunostimulantes, antidiabétiques, anti-oxydantes, antibactériennes et antiplaquettaires. Il n’y a pas de toxicité rapportée.

 

Inscription liste A car absence de toxicité et utilisation pour ses vertus médicinales

 

4/ FRITILLARIA THUNBERGII ( bulbe)  =ZHE BEI MU

 

Famille : Liliaceae

Le nom chinois est Bei Mu .

Elle est originaire de Chine (Province de Zhejiang, Anhui, Jiangsu).

Composition :

La plante est une herbacée vivace, bulbifère (bulbes 1- 3 cm, ovoïdes à écailles charnues, tuniqués). La partie utilisée est le bulbe de 2 ou 3 écailles collecté au début de l’été, lavé et trié. Il existe trois types de drogue en fonction du traitement : les gros bulbes, sans bourgeons centraux (Dabei) ; les petits bulbes, avec bourgeons centraux (Zhubei), ces deux types sont frottés, mélangés à une poudre de coquilles calcinée pour enlever le jus et séchés. Les bulbes lavés, non triés, sans bourgeons, coupés en tranches, séchés constituent le troisième type.

Les principaux constituants chimiques sont des alcaloïdes : huit alcaloïdes stéroïdiens (peimine et peiminine) et plus de vingt autres alcaloïdes.

La teneur en alcaloïdes est faible 0,1 à 0,4%. Les tests pharmacologiques sur ces composés ont montré qu’ils avaient des effets antitussifs, des effets sur la réduction de la pression artérielle et sur le relâchement des muscles lisses. On trouve aussi des diterpènes qui peuvent avoir aussi des effets antitussifs. Le type de diterpènes n’est pas précisé.

 

Utilisations et propriétés en MTC

Nature =froide

Saveur =amère 

Tropisme = Coeur poumon foie

Actions :Elimine la chaleur , arrête la toux 

 

Les indications thérapeutiques en médecine chinoise : broncho-dilatation, inhibition des sécrétions des muqueuses et salivaires, antitussif, contre la tuberculose pulmonaire, coqueluche et dans les ulcères. En Chine, la plante est reconnue sans danger et utilisée dans des préparations alimentaires. Pas de donnée de toxicité rapportée mais son utilisation est contre-indiquée pendant la grossesse. Par ailleurs, la présence d’alcaloïdes doit appeler à la prudence lors de son usage. Les études expérimentales in vivo et in vitro effectuées sur les alcaloïdes confortent les usages traditionnels antitussifs car ceux-ci agissent sur les cellules épithéliales des voies respiratoires et montrent des effets antitussifs.

 

Inscription liste A car absence de toxicité et utilisation pour ses vertus médicinales

 

5/ RUBUS IDAEUS =FEUILLE DE FRAMBOISIER =FU PEN ZI

   

Famille : Rosaceae

Composition :

La partie utilisée et examinée ce jour est la feuille.

NB :A la Pharmacopée française, il existe une monographie pour la ronce (Rubus sp.). La ronce est déjà inscrite sur la liste A des plantes médicinales de la Ph. Fr. Elle a été identifiée comme pouvant avoir des usages alimentaires et/ou condimentaires.

Les constituants chimiques sont principalement des tanins hydrolysables (2,6 à 6,9%). On trouve aussi des flavonoïdes (0,46 à 1,05%), des acides phénols mais pas d’alcaloïdes.

 

Utilisation et propriétés en MTC

Nature =légèrement tiède

Saveur =acide doux 

Tropisme = rate foie

Actions :tonifie le foie et les reins 

 

Les propriétés médicinales de la feuille de framboisier sont liées à la présence de tanins en particulier des ellagitanins (di et trimères) ainsi que des flavonoïdes. Il y a souvent confusion entre les utilisations de la feuille de framboisier (Rubus idaeus) et de ronce (Rubus fruticosus) alors que les deux espèces sont distinctes. Les formes d’utilisation sont classiques : teinture mère, gélules de poudre ou d’extraits, infusion, gargarisme. Les utilisations traditionnelles sont : facilite l’accouchement, traite les règles douloureuses, traite les diarrhées, anti-inflammatoire de la gorge, cicatrisant. Les études pharmacologiques montrent des activités anti-oxydantes, des effets relaxant musculaires, des effets sur les cellules endothéliales, des effets antiplaquettaires, des effets sur l’hydratation de la peau. Pas de toxicité rapportée.

Les traitements à base de feuille de framboisier n’ont pas entrainé d’effets secondaires.

Inscription liste A car absence de toxicité et utilisation pour ses vertus médicinales

 

6/ FORSYTHIA SUSPENSA = fruit =LIAN QIAO

 

Famille : Oleaceae

C’est un arbuste à feuilles caduques de 2 à 4 mètres de haut et originaire du Nord-est et Nord de la Chine.

En fonction du moment de récolte, la plante peut être classée sous deux formes : les fruits verdâtres commençant à murir récoltés sous le nom de Qingqiao et les fruits jaunes mûrs collectés sous le nom de Laoqiao.

 

Composition :

De très nombreux constituants chimiques sont décrits dans la littérature : 321 composés. 51 glycosides phényléthanoïdes, 50 lignanes, 19 alcools aliphatiques, 2 iridoïdes, 19 diterpénoïdes, 6 stérols, 17 flavonoïdes, 50 constituants volatils de l’huile essentielle, 28 acides organiques, des acides aminés, des sucres. Des alcaloïdes (7) ont été identifiés en faible quantité (rutaecarpine, suspensine A) mais aucun élément de toxicité n’est retrouvé.

 

Utilisation et propriétés en MTC

Nature =légèrement froid

Saveur =amer 

Tropisme = coeur poumon VB

Actions :clarifie la chaleur et élimine les toxines 

 

La forme d’utilisation traditionnelle : les fruits sont cuits au bain-marie, séchés au soleil. La posologie est de 3 à 15 g en décoction ou poudre.

En médecine traditionnelle chinoise, la plante a un goût amer et des propriétés légèrement froides, elle couvre les trois méridiens, le poumon, le cœur et la vésicule biliaire.

Les principales indications sont le rhume, la fièvre, l’anurie, les furoncles, les infections, le goitre, les tumeurs, la pharyngite.

Il existe 40 préparations chinoises avec cette plante répertoriées dans la Pharmacopée chinoise. Il est mentionné que cette plante ne devrait pas être utilisée chez les personnes avec des problèmes de rate et d’estomac. Les usages en compléments alimentaires sont aussi nombreux.

Les études pharmacologiques in vitro et in vivo sont très nombreuses : effets antiinflammatoires, antibactériens, antiviraux, antioxydants, neuroprotecteurs, antitumoraux, hépatoprotecteurs, antipyrétiques, cardioprotecteurs. Il n’y a pas de données toxicologiques.

Forsythia fructus est utilisé depuis des millénaires en Chine. La pharmacologie moderne a montré qu’il présentait diverses bioactivités in vitro et in vivo. Il conviendrait malgré tout d’être prudent en cas d’association avec les médicaments métabolisés par le CYP 1A2 er 2D1 qui pourraient être éliminés plus rapidement en cas d’utilisation prolongée de Forsythia fructus.

Inscription liste A car absence de toxicité et utilisation pour ses vertus médicinales

 

7/LEONURUS JAPONICUS = Partie aérienne fleurie = YI MU CAO

 

Famille : Lamiaceae.

C’est une plante annuelle ou bisannuelle, herbacée, récoltée pendant la floraison originaire de Chine et répandue sur toute la zone tempérée.

 

Composition :

Les principaux constituants chimiques sont les alcaloïdes dont la stachydrine de la famille chimique des bétaïnes. Ses propriétés pharmacologiques principales sont l’augmentation des contractions utérines et une activité hémostatique en réduisant les saignements utérins chez la souris. Elle réduit aussi l’hypertrophie cardiaque. Les autres alcaloïdes sont la léonurine et la léonuridine. On trouve aussi des phénols, terpénoïdes, peptides et des flavonoïdes. Les teneurs en alcaloïdes dans la partie aérienne fleurie ne sont pas retrouvées.

 

Utilisation et propriétés en MTC

Nature =légèrement froid

Saveur =amer piquant

Tropisme = coeur vessie foie

Actions :favorise circulation du sang et élimine les stases 

 

En médecine traditionnelle chinoise, cette plante active la circulation sanguine, élimine sa stagnation et débloque des méridiens (foie, cœur, vessie). Elle est utilisée dans les troubles des règles, l’insuffisance cardiaque, les troubles du sommeil, l’asthme, l’hyperthyroïdie.

En usage externe, la plante broyée est appliquée sur les plaies, les démangeaisons, les zonas. La posologie est de 9 à 30 g en décoction sur une période limitée ou bouillie et réduit en pâte pour un usage externe. Cette plante est contre-indiquée pendant la grossesse et lors de l’allaitement.

Elle devrait être utilisée avec prudence chez les personnes avec prolapsus d’organes, sous anticoagulant et sous sédatif. Il n’y a pas de toxicité rapportée aux doses habituelles d’emploi mais des effets indésirables peuvent apparaitre à des doses importantes et à long terme (reins, utérus, allergie, diarrhée). La plante est utilisée depuis des millénaires dans la Pharmacopée traditionnelle en Asie (Chine, Japon). Les études pharmacologiques in vitro et in vivo attestent de son potentiel thérapeutique et confortent son usage en médecine traditionnelle chinoise : activité sur les contractions utérines, activité hypotensive, activité anticoagulante, activité inhibitrice de système nerveux, activité cytotoxique, activité antimicrobienne et antifongique cutanée.

Proscrite chez la femme enceinte.

Inscription liste A car absence de toxicité et utilisation pour ses vertus médicinales.

 

Vers une ouverture ?

Ces inscriptions régulières de plantes issues de recueils traditionnels vers des recueils validés scientifiquement ouvrent de nombreuses perspectives.

Les plantes sont le fondement de la médecine et de la pharmacie modernes, l’utilisation de leurs principes actifs dans l’univers thérapeutique est permanent .

Cependant l’émergence du médicament de synthèse peut reléguer le recours aux plantes médicinales au rayon des « remèdes de grand-mère » obsolètes.

Cette dualité entre la raison scientifique et le savoir empirique s’estompe timidement mais s’estompe quand même grâce à l’émergence de nombreuses commissions de recherche qui permettent d’étoffer la connaissance des compositions chimiques d’espèces botaniques appartenant à nos territoires occidentaux ou non.

L’inscription dans un recueil officiel marque l’avancée des connaissances scientifiques qui permettent d’exploiter de façon plus large certaines propriétés thérapeutiques du règne végétal mais aussi une « ouverture d’esprit » tournée vers d’autres pratiques médicales.

 

 

Sophie Ménard Taché

Docteur en pharmacie

Relecture et apports de précisions  Dr WANG Defeng

Sources : documentions ANSM (rapports de commissions de décisions), société française d’ethnopharmacologie.